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Ville Urbanisme Maroc

La Medina: une enclosure

27 Mars 2006, 21:09pm

Publié par Mohammed EL MALTI

   
Que peut suggérer de plus immédiat l’enclosure de la Médina que la nécessité de franchissement, de débordement de son monde voilé que l'on tente de pénétrer ou qui vous accueille différemment selon que vous êtes citoyen ou étranger, ami ou ennemi. La Porte de la Médina non seulement indique le lieu de passage mais invite à le franchir. Elle invite à cet échange vital entre l'intérieur et l'extérieur, le connu et l'inconnu, le faste et le dénuement, la civilisation et la barbarie. Elle est, par cela même, le lieu privilégié de manifestations sociales, économiques, culturelles et militaires.
    Bâb er Rouah, Bâb Aghmat, Bâb el Oudaïa, Bâb el Bhâr, Bâb el Mrissa, Bâb Fès, Bâb el Mahrouk, Bâb el Mansour, Bâb Agnaou..., autant de portes aux noms qui suggèrent des légendes, des mythes, des moments de gloire militaire, de prospérité économique, des charges symboliques et sentimentales ou des repères dans le temps et l'espace mais également des lieux vulnérables.
    En plus de leurs fonctions sécuritaires et de protection ou de leurs fonctions économiques, elles ont constitué et constituent toujours dans l'imaginaire collectif des citoyens, des supports de légendes et de très fortes croyances ainsi que des médias de transmission de richesses de savoir-faire et de techniques. Mais lorsqu'on les franchit on est souvent surpris de découvrir qu'elles ne défendent rien d’autre qu’une vie modeste, simple, familière, mais partagée ; une vie que l'on tient à protéger.
    Les portes de la cité ont été très peu étudiées si ce n'est leurs aspects architecturaux et ornementaux, largement et remarquablement décrites et relevées avec une grande précision dans les thèses et les articles spécialisés de Henri Terrasse, Jacques Caillé, Georges Marçais et d'autres historiens, architectes et archéologues. On trouve également quelques indications sur leur multiples fonctions socio-économiques et militaires dans des récits d'historiens ou dans les cahiers de comptes des Mouhtasib.
    Mais au-delà de leur aspect formel et esthétique, les portes révèlent leur vie et parfois leur survie ainsi que celles de la Cité qu’elles étaient censées protéger. Elles sont narrées dans des récits de voyages, des descriptions, dans des contes et des comptes-rendus de missions.
    Dans le contexte de leur édification et pendant longtemps elle a généré une vie propre à travers laquelle elles ont souvent marqué la vie et l'organisation urbaines de la cité; elles ont ensuite joué le rôle passif d’éléments de composition urbaine dans la ville nouvelle pour finir par jouer des petits rôles, voire pas de rôle du tout, donc par mourir.

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mohamed laroussi 28/03/2006 14:03

J'ai trouvé la porte ouverte et je suis rentré. Pour les rasons que tu sais, je n'ai pas pas vu venir plus tôt. Tout en te remerciant pour ton passage chez moi, je te souhaite à mon tour la bienvenue sur la blogosphgère et sa reprséntante au Maroc, la  blogoma. Je suis sûr que ton apport sera riche et constructif. D'ailleurs, je vais de ce pas t'ajouter à mes liens favoris comme ça je pourrais passer chez toi quand je veux. Alors, laisse toujours la porte ouverte. ML... Bâb Al Amal