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Ville Urbanisme Maroc

Portes des Médinas

25 Mars 2006, 09:59am

Publié par Mohammed EL MALTI

Je commence une séries de nouveaux articles sur les portes de la vieille cité Marocaine, la MEDINA. Ils proviennent d'une conférence que j'ai eu le plaisir de donner dans le cadre d'un séminaire organisé par The American Institute For Maghrib Studies (AIMS) sur le thème "THE LIVING MEDINA: THE WALLED ARAB CITY IN ARCHITECTURE, LITERATURE AND HISTORY". Bonne lecture. Commentaires et avis fortement souhaités.

PORTES DES MEDINAS
Vies et Survies

    Les portes de la vieille cité, la médina, ont constitué dans l'imaginaire collectif, au-delà de leur fonction sécuritaire et de protection, des supports à de très fortes croyances et des médias de transmission de symboles à travers les générations et des lieux de conservation de richesses et de savoirs faire architecturaux.
    L'"urbanisme moderne" de Henri Prost en a fait des repères urbains et des éléments d'ancrage d'un tracé de ville parfaitement maîtrisé. Les portes de la cité, et bien d'autres monuments historiques, ont ainsi contribué au premier niveau de la structure urbaine. Prost a ainsi reproduit leur présence physique et symbolique dans la ville marocaine moderne.
    Pour l'"urbanisme contemporain", caractérisé par la déstructuration de la ville et un estompage progressif de sa citadinité, les portes se retrouvent totalement enclavées dans un magma urbain où les activités semblent déborder de leur cadre physique pour affecter très fortement le cadre morphologique urbain.
    Les portes de la cité deviennent plus des éléments de contrainte, des sortes de fardeaux de l’histoire, à la "planification urbaine"; des charges trop lourdes à porter par les planificateurs et les décideurs. En témoignent les hésitations et les tergiversations quant à leur réaffectation, leur réutilisation et leur intégration dans la ville de demain.
    Elles sont reconverties, sans aucune cohérence globale de la ville, tantôt en galeries d'art, tantôt en musées, tantôt en locaux administratifs, et l'imagination s'arrête là. Ou sont-elles abandonnées à toutes formes de dégradations et condamnées à une mort lente. Les conséquences sont encore à mesurer.
    C’est Bâb-er-Rouah à Rabat, probablement la plus belle et la plus majestueuse, qui a été la plus malmenée et qui est également la plus menacée par les incohérences de la planification et de la gestion urbaine d’une part et les pressions spéculatives d’autre part. Malgré le poids de ses siècles et la force de l'âge, Bâb-er-Rouah risque d'être sérieusement ébranlée.

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