Texte Libre

Le monde des villes, de l'architecture et de l'urbanisme au Maroc est passionnant. Son passé est prestigieux, son présent est préoccupant et son avenir se fabrique aujourd'hui. Mon expérience de ce monde est riche en enseignements, cogitations, états d'âme, idées, satisfactions et déceptions. Bienvenue à celles et ceux qui souhaitent la partager.
   

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ANNIVERSAIRE.

Cela fait un peu plus que deux ans que j'ai fait le grand saut dans le monde des blogueurs, l'univers du débat et des échanges virtuels d'idées.
Depuis, "Villes, Urbanisme, Maroc" a  été visité par un peu plus de 29 000 visiteurs qui ont vu près de 89 000 pages, avec  des records de 500 pages en une journée et de 7000 pages en un mois. Je ne sais pas si c'est peu ou beaucoup mais j'ai toujours un petit sentiment de satisfaction à croiser quotidiennement des visiteurs de passage et à en avoir fidélisé quelques-uns.

J'ai cependant un petit regret. Les spécialistes des métiers de la ville et de l'espace au Maroc (architectes, urbanistes, géographes et sociologues urbains, etc.), ne semblent pas avoir encore été pris dans le tourbillon de la blogosphère et compris l'intérêt de débattre en réseau des grandes questions de la ville et de l'espace et des problèmes auxquelles sont confrontés tous les citoyens et notamment ceux qui sont liés à l'immobilier et la qualité de vie dans les villes marocaines.

En dehors de "missarchi" (http://www.missarchi.canalblog.com/) que je félicite pour la qualité de son blog et la pertinence de ses articles et d'une certaine "fille dérangée" (http://blog.ma/chighaf/) qui nous a généreusement livré ses "mémoires" mais dont le dernier post après une très longue absence, date déjà, à notre grand regret, de juin 2007, et d'autres que je ne connais pas nécessairement, je ne pense pas que nous soyons plus que les doigts d'une seule mains. Je reçois quelques commentaires de qualité, mais dont le nombre est très largement en deçà de celui auquel on pourrait s'attendre au regard du caractère stratégique des sujets soumis au débat. Souhaitons longue vie aux espaces qui existent et espérons que beaucoup d'autres les rejoindront.

Pour inaugurer la troisième année de "Villes, Urbanisme, Maroc", j'offre son espace au débat sur un sujet qui devrait intéresser l'ensemble des architectes: l'enseignement privé de l'architecture au Maroc.


Une polémique sur le sujet vient d'éclater au grand jour. Elle oppose la direction de l'Ecole Supérieure d'Architecture de Casablanca-EAC ("www.ecole-archi-casa.com"), qui défend son existence et la reconnaissance de son diplôme, au Conseil National de l'Ordre des Architectes du Maroc-CNOAR (http://www.ordrearchitectes.ma/) par la voix de son président, qui s'y oppose. Elle s'est manifestée publiquement par un appel de soutien adressé par la première à un certain nombre d'architectes (privé, public, anciens responsables du CNOAR) d'une part et par une lettre d'information signée par le Président du CNOAR adressée à tous les architectes inscrits sur le tableau de l'ordre d'autre part.

J'ai été contacté par les responsables de l'EAC en tant qu'ancien vice-président du CNOAR, ancien responsable dans l'administration en charge de l'urbanisme, mais je livre là mon point de vue d'architecte, encore militant, toujours jaloux de sa profession.

Je leur ai accordé mon soutien de principe pour deux raisons sans porter de jugement sur la qualité du cursus et avant de me prononcer sur l'opportunité et la fiabilité de l'enseignement privé de l'architecture.

  • La première relève de l'état de droit et donne toute la légalité à l'EAC. En effet, elle a été créée avec l'appui du Premier Ministre suite à un appel à manifestation d'intérêt lancé par le Ministère en charge de la profession auquel ont participé plusieurs groupements d'architectes. Ses statuts et son ouverture ont été validés et approuvés par le département gouvernemental en charge de l'enseignement supérieur privé. Ceci interpelle donc  directement le Ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de l'Aménagement de l'Espace quant à son rôle d'arbitre et de maître d'ouvrage du projet.
  • L'autre relève d'un sentiment vis-à-vis des étudiants et de leurs parents qui ont fait confiance au gouvernement censé défendre leurs intérêts, et qui leur donne toute la légitimité pour exiger de l'école qu'elle assure un enseignement de qualité et délivre un diplôme reconnu.

Quant à la question de l'enseignement privé de l'architecture, qui a ses défenseurs et ses pourfendeurs, il me semble qu'elle mérite de faire l'objet d'un large débat à l'échelle nationale, plus centré sur la qualité de l'enseignement dispensé que sur le statut juridique de l'institution qui le dispense. Ne dit-on pas à juste titre "peu importe le contenant, pourvu qu'on ait l'ivresse".

À vos claviers pour les commentaires.


Ecrire un commentaire - Par Mohammed EL MALTI
Mardi 18 mars 2008
- Communauté : Maroc
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