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Ville Urbanisme Maroc

Planification Urbaine

11 Mars 2006, 11:12am

Publié par Mohammed EL MALTI

La planification urbaine

Urbanisme intégriste ou urbanisme intégré

    La Ville résiste à « l’urbanisme unificateur et normatif ; elle résiste à toutes les utopies, à tout ce qui se propose comme un préalable ».
    Le système de planification urbaine au Maroc a atteint ses limites. Les transformations rapides et profondes que connaît le pays aussi bien aux niveaux politique, économique et social qu’aux niveaux technologique, culturel et spatial imposent la recherche de nouvelles approches de planification, d’aménagement et de gestion de l’espace.
    L’urbanisme n’est pas une fin en soit, il est l’outil de mise en oeuvre d’une politique urbaine, autrement cela devient du « planisme » sans autre but que celui de satisfaire politiquement le maître de l’ouvrage (l’État ou les collectivités) et intellectuellement l’urbaniste maître d’oeuvre du plan.
    La planification urbaine d’anticipation exige un minimum de visibilité autrement, elle se trouve rapidement en décalage par rapport aux évolutions du contexte auquel elle est sensée s’adresser. Devant ce manque de visibilité, elle est appelée à être plus réactive, à travers un urbanisme de projets qui consiste à travailler la ville au « corps à corps ». L’urbanisme prévisionnel et réglementaire, qui devait prévoir et encadrer l’urbanisation des territoires sur la base de prévisions et de scenarii de développement économique et social, devrait céder la place à une gestion urbaine stratégique basée sur la définition d’objectifs de développement et de projets d’aménagement urbain. En d’autres termes, il ne s’agit plus de faire la ville mais de la laisser se faire en l’accompagnant par des actes volontaires et des actions thérapeutiques.
    La ville est un espace de production et de consommation. De nouvelles fonctions urbaines naissent, de nouveaux « objets » urbains sont mis sur le marché. Ils créent de nouveaux besoins chez le citoyen ; des besoins de consommation, des besoins de mobilité, des besoins de temps et de loisirs. Ils exigent par conséquent de nouvelles formes urbaines et une approche intégrée de la planification de l’espace.
Ces transformations ont comme corollaire des changements dans le rythme, les méthodes de travail, dans les modes de transport, dans l’utilisation du temps libre. Ils nous interpellent sur les nouveaux besoins de l’usager de la ville.
    Les documents d’urbanisme au Maroc ont souvent traité des formes urbaines, sans trop se soucier de l’urbanité, c’est-à-dire du désir de vivre la ville, la cité d’élection (le lieu d’expression de la citoyenneté) et l’espace de l’habiter (le lieu d’expression de la citadinité). La planification urbaine doit inventer des concepts nouveaux qui permettent l’inscription des actions sur la ville dans les dynamiques urbaines universelles.
    La ville n’est pas une succession d’images instantanées et immuables comme elle a été imaginée et conçue jusqu’à présent dans les documents d’urbanisme. C’est au contraire un corps vivant qui doit être accompagné dans toutes ses phases de croissance et de développement.
    Les documents d’urbanisme actuels (SDAU, PZ, PA), même s’ils peuvent, sous une forme plus allégée et plus souple, encore permettre d’orienter et d’encadrer le développement des petites et des villes moyennes, ils ne sont plus adaptés aux grandes mégalopoles. Le paysage de la ville d’aujourd’hui « a beau avoir été programmé, décrit, appréhendé, tout se passe comme si aux grosses flèches des schémas directeurs il répondait par la multitude de flèches d’un jeu de pistes morcelé et insaisissable ». Les agglomérations urbaines ont plutôt besoin de schémas d’orientation et de plans sectoriels comme cadre de mise à niveau et en cohérence des projets et des services urbains.
    En effet, la ville du XXIe siècle doit se distinguer par la qualité et l’envergure de ses activités et par l’efficacité de sa gouvernance. Elle doit être une place financière, une place commerciale, un lieu d’innovation et de développement de la recherche, un centre universitaire performant. Elle doit créer et développer une image de marque à travers une qualité urbaine et architecturale et à des atouts environnementaux, patrimoniaux et culturels.
    Une planification stratégique, le souci permanent du développement durable, des projets urbains comme catalyseurs de développement et de mise à niveau, une gouvernance locale rationnelle, transparente et démocratique, c’est à ce prix que les grandes villes marocaines peuvent être compétitives4. C’est ainsi qu’elles peuvent prétendre à une place dans le cercle très restreint des agglomérations qui encadrent et déterminent le développement planétaire. Autrement, elles devront se contenter de jouer les seconds rôles au niveau national ou, au mieux, continental.

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