Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Ville Urbanisme Maroc

Artisanat ou Arts Utilitaires

11 Avril 2006, 11:00am

Publié par Mohammed EL MALTI

   L'artisanat, le corpus des "arts utilitaires", à été un des points focaux des débats de la plupart des grandes écoles et des mouvements d'art et d'architecture du vingtième siècle.
    Du BAUHAUS Allemand aux VKHUTEMAS Russes (Instituts Supérieurs d'Art et de Techniques), des FUTURISTES Italiens aux CONSTRUCTIVISTES Russes aux Maîtres du MOUVEMENT MODERNE, tous ont été confrontés au problème de l'incompatibilité d'un patrimoine de création extrêmement riche et lourd en significations culturelles et sentimentales avec les exigences d'une société industrielle en pleine expansion et les bouleversements sociaux du début du siècle.
    Les uns ont simplement clos les débats en reniant "ces arts du passé", les autres les ont réhabilités en  les instituant  presque comme une idéologie et enfin les derniers se les sont appropriés et les ont "revisités" et réadaptés aux nécessités de la société "moderne".
    C'est ainsi que nous assistons à l'introduction, dans le cursus scolaire des Studios du BAUHAUS ou des VKHUTEMAS par exemple, de matières telles que Céramique, Bois, Métal, Textile...etc. Cette période est peut-être, de toute l'histoire de l'art et de l'architecture,  la plus dense et la plus intense en créativité. Jamais aucune institution de formation n'a été au diapason avec son contexte social, culturel et économique. Jamais aucune institution n'a concentré autant de grands maîtres comme  le BAUHAUS  et les VKHUTEMAS.  Les Gropius, Moholy-Nagy, Mondrian, Mies van der Rohe au BAUHAUS, les Tatlin, Vesnin, Popova, Kandinsky aux VKHUTEMAS, certainement dans des cadres socio-économiques différents, avaient le même objectif de promouvoir et développer les "arts populaires modernes".
    Le patrimoine des arts traditionnels au Maroc est l'un des plus riches au Monde. Mais la meilleure manière de le tuer serait de le fossiliser en le considérer comme un ensemble de formes et de valeurs pérennes, immuables.
    Beaucoup d'artisans marocains, sous la pression du travail et face à la transformation qualitative de la commande et aux exigences nouvelles du client, se sont engagés dans un processus spontané de réadaptation: organisation en coopératives artisanales, amélioration des moyens de production, rationalisation des modes de production, etc... Ils ont entrepris des tentatives de recherche et de développement de formes, de couleurs et d’usages nouveaux. Les artisans marocains n'ont jamais autant travaillé dans le passé.
    Est-ce par réaction fébrile à un marché artificiellement animé? Est-ce la manifestation positive de l'"industrialisation de l'artisanat"? Ou est-ce réellement le début d'une nouvelle ère pour les arts traditionnels marocains?

Commenter cet article

M EL MALTI 26/04/2006 08:55

Merci M F Van CappelMerci pour vos compliments et je vous souhaite du succés dans votre projet de Marrakech. Mais vous devez être armé de patience (pacifiquement bien sûr) car je sais combien le chemin de l'entreprise est rendu difficile par certaines pratiques irresponsable et inavouées de certains responsables de la chose publique.Désolé de réagir avec autant de retard, je me suis volontairement éclipsé de mon blog pour le laisser vivre et mûrir. Vous avez bien lu mûrir.

Mr Van Cappel François 18/04/2006 14:30

Permettez moi de saluer la qualité de vos écritures et de vos analyses..et qui plus est , lorsqu'un architecte devient ausi un Urbaniste...
Et chaque pays a ses architectes qu'il mérite . Un jour je vous rencontrerais car j'ai choisi votre épouse pour " m'accompagner " dans la réalisation de mon projet sur Marrakech .
Avec tous mes compliments .
François Van cappel .