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Ville Urbanisme Maroc

Les Portes de la Médina: premiere vie (2)

31 Mars 2006, 08:54am

Publié par Mohammed EL MALTI

Mythes et légendes
      Il est bien des histoires et images populaires véhiculées sur les portes à travers les générations.

    Parmi les multiples légendes rapportées autour des portes de la cité notons la légende de Bâb el Mahrouk (la porte du brûlé), édifiée en 1204 sous la dynastie Almohade. Le brûlé est pour les uns le chef captif  d'une révolte dans la montagne des Ghomara du nom d’Al Obeïdi et pour les autres Ibn al Khatib, un historien, critique et homme politique du XIVème dont le corps aurait été brûlé à proximité. Les portes, point de passage obligé constituent le lieu privilégié de manifestations de ce type. Il existe même des témoignages photographiques montrant les têtes des ennemis vaincus, des rebelles ou celle de brigands ou autres hors-la-loi exposées aux portes pour décourager les récidivistes.

    L'ouverture et la fermeture alternatives des portes, à des moments précis et réguliers dans la journée, rythmaient la vie quotidienne des citoyens. Des histoires amusantes ont été rapportées sur l'état de fébrilité de la cité et des citoyens à ces moments-là. Une des plus contées est celle des citoyens de la ville de Salé qui deviendraient fous à l'heure de la prière du Asr. Ceci s’expliquerait, toujours selon l’histoire, par le fait qu'à ce moment précis, les Slaouis travaillant à Rabat s'empressent tous à Bâb el Bhar (la porte de la mer) pour s'embarquer vers Salé. Ils traversaient le Bou Regreg sur des barques pour rejoindre Bâb el Mrissa (la porte du petit port) dont l'heure de fermeture correspondait à la prière du Maghrib.

    Bâb al H'did (la porte des armes ou la porte du fer) sur la muraille Almohade de Rabat tiendrait son nom de la nécessité d'être armé pour la traverser du fait de l'hostilité des tribus des Zaers au territoire desquelles elle menait. 

    Bâb Aghmat à Marrakech, dont le dispositif de fermeture a fait légende par sa taille et son poids, symbolise la force et la sécurité dans l'imaginaire populaire.

    Bâb Chellah, cette "porte de pierre" qui a gardé pendant des siècles les trésors qui lui ont été confiés, ceux de la nécropole Mérinide, cette "porte radieuse" construite par Abou Hassan al Marini pour veiller sur son mausolée et sur ceux de ses ancêtres, cette "porte du paradis" pour une "cité funèbre" a été source d'inspiration pour les poètes. Sur Bâb Chellah "se déploient avec une fantaisie charmante toute la géométrie et la flore ... qui font sur les murs du Moghreb de si délicieux jardins. Rien de plus parfait à Grenade que ce chef-d'oeuvre de pierre enchâssé dans ce collier barbare de terre et de cailloux. Ce sont les fils de guerriers ..., qui ont bâti cette merveille". C'est en ces termes que les frères THARAUD lui réservent une des plus belles pages de leur ouvrage sur Rabat.

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