Le samedi 15 décembre 2007, Oscar Niemeyer, le dernier grand moderne vient de fêter la fin de son siècle et le début d'un autre. Il a le
privilège d'entamer le troisième cinquantenaire de la vie de l'architecte, qui comme l'idéalise Renzo Piano, un autre grand du vingtième siècle, devrait durer 150 ans pendant
lesquels on reste un "presque architecte" jusqu'à cent ans. Les cinquante premiers pour apprendre, les cinquante suivants pour pratiquer et affiner son savoir et enfin les cinquante
derniers pour le communiquer et le partager.
Voilà donc qu'Oscar
Niemeyer a parcouru les deux tiers de sa longue vie d'architecte. Cent ans de travail acharné qui ont marqué l'architecture au Brésil d'une trace
indélébile ou la forme, toujours très présente, n'a jamais tourné le dos à la fonction. Dans la pure lignée de Le Corbusier qui a été son maître et son inspirateur, il a
été, avec Lucio Costa, architecte et urbaniste concepteur des plans d'urbanisme de Brasilia, et Brulo Marx, architecte paysagiste à qui l'on doit les fameux
trottoirs de Copacabana à Rio de Janeiro, pavés de vagues multicolores. Ils ont ensemble, ou individuellement, conçu les réalisations urbaines, architecturales et paysagères les plus remarquables
et les plus remarquées, et naturellement les plus critiquées au Brésil et dans le monde.
On doit à Oscar Niemeyer les principaux édifices et symboles à Brasilia, la nouvelle capitale du
Brésil. Brasilia, faisait partie des grands travaux lancés par le Président Juscelino Kubitschek et destinés à donner une image du Brésil moderne, mais qui conduira le pays à une
grave crise financière. On lui doit également le siège de Nations Unies à New York, avec Le Corbusier et d'autres, ainsi que le Musée Niemeyer un chef d'oeuvre
d'intégartion dans la baie de Rio. Son œuvre et son talent à été reconnu à deux reprises à l'échelle planétaire, la première fois en 1970 avec le Médaille d'Or de
l'American Institute of Architects (AIA) et la seconde en 1989 avec le Pritzker Architecture Prize.
Il a été de tous les combats, un défenseur
acharné de l'architecture dite "progressiste" et l'icône de l'architecte militant pour la cause des couches
sociales défavorisées, ailleurs et dans son pays. Il fuit le Brésil en 1964, pour échapper à la répression de la junte militaire pour s'exiler en France où il conçoit le
siège du Parti Communiste Français, Place du Colonel Fabien, qui reste aujourd'hui une des références de l'architecture du Mouvement Moderne dans la capitale
française.
Je devais le rencontrer lors de mon dernier voyage à Rio de Janeiro, mais, à mon très grand regret, notre rencontre a été annulée à cause d'une malheureuse grippe.
Bon Anniversaire, et que les cinquante prochaines années soient aussi fastes que les cent passées.
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Par Mohammed EL MALTI
Mercredi 19 décembre 2007
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